Le Roi du Lac

Hey mes Fétiches ! Enfant, un conteur venu dans notre école nous avait émerveillé par diverses histoires dont celle-ci… Vous pourrez la lire à vos bouts de choux ou même juste la lire pour vous-même, car après tout sommeille en chacun de nous un éternel enfant…
Je vous la partage ! Bonne lecture ! (◕‿◕✿)
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Autrefois, il n’y avait pas d’arbre au bord du lac, mais une maison où vivait une famille de paysans : ils avaient deux garçons et une fille appelée Marine. Celle-ci aimait beaucoup se baigner dans le lac. Un jour qu’elle sortait de l’eau et qu’elle voulait remettre ses vêtements, un immense serpent noir, qui s’était caché dans sa chemise, s’est enroulé autour de son bras.

La jeune fille, paralysée par la peur, n’osait même plus respirer. Alors, le serpent lui a dit qu’il la laisserait rentrer chez elle si elle lui promettait de l’épouser et Marine, affolée et désirant par dessus tout rentrer chez elle, accepta. Aussitôt, le serpent noir glissa au sol et disparut dans le lac.

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Un an plus tard, Marine et ses parents, qui avaient oublié cette histoire, virent entrer dans la cour de leur ferme des centaines de serpents de toute tailles qui sifflaient à rendre sourds tous les habitants de la ferme. Puis, tout s’est arrêté. Alors, un des serpents a dit : « nous venons chercher Marine qui doit se marier avec notre roi. »
Et, bon gré, mal gré, Marine a quitté ses parents et ses frères pour partir au milieu du cortège de serpents. Une fois le cortège arrivé au bord du lac, l’immense serpent noir est sorti de l’eau et s’est transformé en un jeune roi magnifique, au regard honnête et amoureux :
« – Je suis Zaltys, le roi du lac ! Il y a un an, tu m’as promis de devenir ma femme. Y consens-tu toujours et acceptes-tu de vivre avec moi dans les profondeurs du lac ?
– L’an dernier, quand le grand serpent noir m’a demandé de devenir sa femme, j’ai accepté par peur qu’il me tue. Aujourd’hui, c’est une jeune roi au regard franc et limpide qui me fait cette demande. J’accepte. J’accepte avec l’espoir que c’est l’amour qui viendra couronner notre union. »
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C’est ainsi que Zaltys, Marine et tous les serpents disparurent au fond du lac où le mariage fut célébré dans le palais de nacre et de coquillages du roi. Et le temps s’écoula…
La reine Marine a eu trois enfants : deux garçons et une fille. Et neuf années passèrent ainsi, paisibles et joyeuses. Mais un jour, une colombe survola le lac en gémissant :
« – Marine, ton père est malade et te demande. »
Bouleversée, la reine alla trouver son mari Zaltys et lui demanda de la ramener à la surface du lac, mais le roi a refusé.
Le lendemain, la colombe est revenue :
« – Marine, ton père se meurt et te réclame ! »
Nouvelle demande au roi, mais nouveau refus.
Une troisième fois la colombe est revenue :
« – Marine, ton père est à l’agonie, il mourra si tu ne viens pas ! »
La reine supplia le roi de les laisser partir, elle et ses trois enfants. Alors Zaltys lui répondit :
« – Pendant neuf années, tu es restée au fond du lac avec moi. Je t’accorde donc neuf jours pour rendre visite à tes parents.
– Permets-moi d’emmener également mes enfants. Ils sont tellement beaux ! Mes parents seront heureux de faire leur connaissance.
– Mes enfants, fit le roi, quand vous serez sur la terre, surtout ne dîtes mon nom à personne, parent, ami ou inconnu. Sinon, jamais plus nous nous reverrons. Et quand les neuf journées seront passées, vous reviendrez au bord du lac. Et toi Marine, tu m’appelleras ainsi : « Zaltys, c’est nous, Marine et tes trois enfants ! Nous sommes au bord du lac. Viens nous chercher pour rejoindre notre palais ! ». Alors, le lac se couvrira de vagues argentées et je t’apparaîtrai.
Puis, le roi se transforma en un long serpent noir et transporta sur son dos sa femme et ses trois enfants jusqu’à la rive du lac où il reprit forme humaine et leur dit :
« – Une dernière chose : sachez que désormais, vous pouvez changer d’apparence et vous transformer en ce que vous voudrez. A bientôt, rendez-vous dans neuf jours ! »
Et il disparut dans le lac.
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Quand Marine et ses trois enfants arrivèrent chez ses parents, son père fut tellement heureux de la revoir qu’il guérit rapidement. Les deux frères étaient aussi contents de retrouver leur sœur et de faire connaissance avec ses trois enfants. Les journées s’écoulèrent rapidement. Mais, ses deux frères ne voulaient pas que Marine retourne dans le lac. Ils lui dirent:
« – Reste avec nous Marine. Regarde, notre père a guéri grâce à ton retour et notre mère adore ses petits enfants. Ne retourne pas dans le lac ! Et puis ça n’est pas une vie pour des enfants d’être au milieu des poissons ! Nous irons voir ton mari pour lui demander de te rendre ta liberté. Comment s’appelle-t-il au fait ?
– Je ne dois pas vous le dire. Mais, je suis heureuse avec lui et je veux le rejoindre. Cessez de m’importuner. »
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Le soir même, les deux frères ont emmené le fils aîné de Marine en promenade. Une fois dans le bois, ils lui ont dit :
« – Ecoute mon garçon, on ne veut pas que tu retournes dans le lac avec ce serpent. Alors, on va aller le trouver et on va lui parler. Mais pour cela, tu vas nous dire comment il s’appelle.
– Non, je ne vous dirai rien ! Je serai aussi muet que ma cousine la carpe.
– Mais, il se moque de nous ma parole! Tu vas voir que tu vas parler ! »
Ils l’ont frappé, menacé, mais l’enfant n’a rien dit. Alors furieux, les frères l’ont ramené à la maison et ont essayé avec le deuxième fils :
« – On a envie que vous restiez ici avec nous, mais on aimerait faire connaissance avec ton père et l’inviter chez nous. Comment s’appelle-t-il pour qu’on aille le chercher ?
– Je peux vous parler de tout ce qui se passe dans le lac, mais je ne peux pas vous dire le nom de mon père. »
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Furieux, les deux frères ont ramené cet enfant à la chaumière et ont essayé de faire parler la fille :
« – Ecoute, tu ne peux pas vivre au fond du lac comme une anguille ou une grenouille ! Tu vas rester avec nous. Mais nous devons prévenir ton père. Oui! Nous devons lui parler, le faire sortir du lac. Comment s’appelle-t-il ?
– Je ne peux pas vous le dire ! C’est un secret, si je le disais, il arriverait un malheur !
– Pourtant tu le diras coquine, car le malheur, il est pour toi! Tiens, tiens et tiens ! »
Et les deux frères l’ont tellement battue et insultée qu’à la fin, entre deux sanglots, elle a fini par révéler le secret de son père, le roi Zaltys ! Aussitôt, les deux frères ont pris des haches et se sont dirigés vers le bord du lac. Ils ont appelé le roi Zaltys en récitant doucement la phrase apprise par cœur.
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Quand le grand serpent noir est apparu sur la rive, les frères l’ont aussitôt taillé en morceaux. Et après avoir lavé leurs haches, ils sont rentrés à la chaumière. Le lendemain matin, de bonne heure, Marine est partie avec ses trois enfants. Arrivée au bord du lac, elle a appelée son mari :
« – Zaltys, c’est nous, Marine et tes trois enfants. Nous sommes au bord du lac ! Viens nous chercher pour rejoindre notre palais. »
Alors, le lac se couvrit de petites vagues rouge-sang et seule la vois du roi arrivé jusqu’aux oreilles de Marine :
« – Marine, tes frères, jaloux de notre bonheur, m’ont tué. Ils ont essayé de faire parler nos enfants. Les deux garçons n’ont rien dit, mais notre fille, plus fragile, a eu peur et a révélé notre secret. Je suis mort maintenant, mais vous que j’aime, vivez ! »
Marine comprit alors comment ses frères l’avaient trahie : par jalousie sans doute, mais surtout par ignorance du véritable bonheur ! Alors, elle se tourna vers ses enfants :
« – Mes enfants, votre père est mort et nous ne pouvons plus retourner dans le lac. Mais, nous ne pouvons pas non plus retourner vivre auprès des hommes qui ont causé notre malheur. Nous resterons ici, sur ce rivage, auprès du lac où nous avons été si heureux! Toi, mon fils aîné, tu seras un chêne fort et solide. Toi, mon fils cadet, tu seras un frêne souple et résistant. Toi, ma petite fille, comme tu as tremblé de peur devant tes oncles, tu seras le tremble aux feuilles frémissantes. Et moi, je serai le saule pleurant la mort de celui que j’aimais.
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Ainsi fut fait. Et depuis ce jour, on peut voir au bord du lac ces quatre arbres côte à côte. Le chêne et le frêne qui semblent protéger le tremble et le saule pleureur dont les branches effleurent chaque nuit la surface du lac.

Un joli conte pour tous !

Vous connaissiez ?

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