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Le trotteur : Pour ? Contre ? Mitigé ?

Je me suis posée cette question très récemment suite aux volontés de Papa Fauve d’acquérir un trotteur pour Féeline. Malgré toutes mes réticences, il restait borné sur sa décision de la mettre dans son trotteur « un peu » chaque jour sous prétexte qu’il y avait été sans problème. Personnellement, j’avais eu droit aussi à mon trotteur à l’époque, mais de récentes études ont démontré les risques.

Suite à diverses conversations avec des proches, des articles de professionnels sur la question, il s’est enfin laissé convaincre de ne pas acquérir de trotteur.

Dans la profession de la Petite Enfance, le trotteur était fortement déconseillé avant d’être finalement interdit dans bien des secteurs. Dans le domaine de la famille, c’est encore bien différent. Les parents ne sont pas correctement informés.

Le problème majeur vient de ce que les parents s’en servent comme d’un parc. Ils laissent leur enfant TROP longtemps et parfois sans véritable surveillance.

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Le trotteur est dangereux.

→ Dangereux pour deux choses :

1) Risques d’accidents : c’est le premier argument qui vous sera avancé si vous en parlez à des professionnels.

– Accident à cause de la vitesse du trotteur qui peut atteindre 10 bons km/h.
– Chute dans les escaliers ou à cause d’un objet au sol.
– Fractures, coupures, etc à cause de meubles.

2) Risques psychomoteurs : et c’est bien ces risques qui me perturbaient au plus haut point.

– Déséquilibre des hanches.
– Tension dans le dos.
– Marche sur la pointe des pieds.
– Ralentissement de l’apprentissage de la marche.
– Musculature déformée.

Pour preuve, c’est en crèche que le personnel fait le constat des enfants rester trop longtemps dans un trotteur. Il doit alors leur réapprendre la mobilité de leurs corps sans roulettes ! En exemple, ce cas extrême d’un petit enfant dont s’occupe une psychomotricienne en crèche : à deux ans et demi, il marche sur la pointe des pieds parce que depuis l’âge de neuf mois, il reste des heures quotidiennes dans son trotteur. Sa musculature est de fait complètement déformée !

En effet, pour Isabelle Blanco, psychomotricienne en PMI et en crèche, l’usage du trotteur n’est vraiment pas conseillé avant que l’enfant exprime le désir de se mettre debout tout seul. Sinon, cela lui donne une envie de « verticalité » précoce à laquelle son corps n’est pas encore du tout prêt à répondre.

Rappelons qu’à huit mois, dans les bilans médicaux, on fait le test de savoir si l’enfant tient assis tout seul. La plupart y parviennent lorsqu’on les assied mais… ne savent ni s’asseoir tout seul, ni se relever. En fait, beaucoup d’enfants n’y parviendront qu’à neuf mois, voire plus (le mieux est encore de ne pas donner d’âge !).

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Autre argument « contre » : l’enfant risque à long terme de générer des problèmes musculaires. L’enfant doit grandir en équilibre entre les muscles de devant et ceux du dos du corps alors que la position imprimée par le trotteur crée une hypertension des muscles de l’arrière du corps. Proposé très tôt (dès 5-6 mois parfois) et trop souvent, il risque de raccourcir les muscles du dos, des jambes et de crisper les pieds. Et attention, certains bébés ne savent pas revenir à l’état de détente. Surtout les enfants très vifs, un peu nerveux. Et ne se reposant plus, les problèmes musculaires apparaissent.

Autre gros inconvénient à l’usage intensif du trotteur : au moment où l’enfant se met à marcher tout seul, il a intégré la bulle de sécurité en plastique qui l’entourait jusqu’à présent. Et cette « bulle », sous forme de « carénage », fait désormais partie de son schéma corporel. Du coup, il fonce et se fait mal en se cognant partout.

Mais aussi, comme le message d’interdiction d’approche des escaliers est bien passé auprès des parents et de leur « trottiste », celui-ci a parfaitement intégré l’interdiction, même lorsqu’il n’est plus dans le trotteur ! Résultat : il ne teste pas les escaliers tout seul et ne tente pas de les escalader à l’âge où il le devrait !

Pour Pierre-Yves Goriaux, psychomotricien-formateur de Poitiers, la valorisation de l’autonomie se transforme parfois, pour les parents, en valorisation de la performance du jeune enfant. Il poursuit :

« Si je peux comprendre la demande parentale d’être rassuré sur les capacités de son enfant, elle doit cependant parfois être freinée afin de redonner confiance à celui-ci dans son propre rythme de croissance et de développement. »

Explication : en fait, le bébé interprète le monde et construit son identité grâce à son mouvement et à la manipulation des objets. Ces deux activités lui permettent de nourrir sa pensée et son besoin de se représenter, de créer son identité. Le mouvement de l’enfant devient donc un « outil » pour penser le monde et affirmer son identité, pour entrer en contact avec son environnement physique et humain. Et ce mouvement est lui-même constitué d’un ensemble de postures dont les principales sont : être sur le dos, sur le ventre, à 4 pattes et debout, en passant par de nombreuses postures intermédiaires.

La progression de ces postures, donnant lieu à des mouvements de plus en plus complexes, n’est pas due au hasard : elle permet à l’enfant de se sentir à tout moment acteur de son mouvement et de construire ainsi son autonomie.

Pour l’adulte, il s’avère indispensable de patienter et d’encourager l’enfant dans l’exploration de ses capacités posturales et dans les manipulations d’objets.

Voici un article fort intéressant que je vous invite à lire :
→ faut-il stimuler bébé pour l’apprentissage de la marche ?

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Dans ce contexte, lorsque l’enfant y est propulsé trop tôt et trop longtemps, le trotteur apparaît comme un carcan postural… dont on peut anticiper les conséquences : un enfant qui demande à être porté sans arrêt, un enfant ne supportant aucun déséquilibre, un enfant ne sachant pas se relever ou se sortir de situations simples, donc enfermé dans une dépendance à l’adulte !

Outre l’acquisition de l’autonomie, l’excès de trotteur semble aussi retarder l’acquisition de la marche elle-même. L’enfant est tout content dans l’engin. Le parent est tranquille parce que pendant ce temps-là, l’enfant ne demande ni les bras, ni son attention.

Pas de trotteur pour ma princesse. Le mieux est de laisser les enfants dans leur parc ou tout simplement au sol afin qu’il apprenne seul à se mouvoir, à se redresser, à se développer à SON rythme (et non à la volonté des parents).

Qu’est-ce que ça peut me gonfler les gens qui sont pressés que leur enfant marche, parle, etc. La vie n’est pas une course ! Chaque chose en son temps !
Le rôle du parent est d’aider son enfant dans son développement en guise de soutient.
Et il y a un gouffre entre « soutenir » et « pousser » !

N’hésitez pas à partager vos expériences !  ✍

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