Les expressions lyonnaises

Bonjour, bonjour ! Je reviens aujourd’hui avec une nouvelle rubrique dédiée à l’origine des expressions françaises. Cela faisait longtemps que je voulais l’ouvrir et partager avec vous ces perles de culture pour le moins intrigantes. Des plus logiques on va dire aux plus farfelues, tout le monde les dit mais bien souvent, on ne sait pas d’où ça sort. Je ne sais pas vous, mais très souvent, l’expression sort de ma bouche et après coup, je me demande quelle histoire entoure la naissance des phrases cultes qu’on répète par habitude ainsi à travers les âges. Mais, je m’égare, l’article sur les origines des expressions, ce sera pour bientôt, promis… Là pour le coup, je vous partage le célèbre « parler lyonnais ».

Comme disait mon vénérable grand-père : Vinzou… Une expression que j’ai énormément entendu durant toute mon enfance et jusqu’à sa disparition en janvier 2020. Un mot qui me semblait courant et pourtant que je n’entendais finalement que dans la bouche des anciens. Ce terme vinzou viendrait de « vint diou », forme dérivée de « vingt dieux » et qui signifie un juron qui exprime la surprise. : mince pour ne pas dire « mer** » ou « pu**** ». Ce qui est largement plus élégant, vous serez d’accord !

Vinzou de vinzou

Définition : expression utilisée pour marquer son énervement du type « bondieu de bondieu ». Ce terme viendrait du patois savoyard, ce qui expliquerait qu’on l’entende bien davantage dans la région Rhône Alpes (qui est ma région d’origine).

Voilà pourquoi je vais pour ce premier article sur le sujet, vous parler des expressions atypiques de la région dauphinoise, autrement dit, le parler lyonnais.

Les expressions lyonnaises (et de toute la région Dauphinoise)

Première leçon : placez des « y » partout. Non, enfin pas partout, juste où il est nécessaire quoi…
Exemple : « Faut y faire ; Je vais y faire ; Y neige ; Ca va t’y ? ; Qué t’y dit ? je vais t’y montrer… »

Et si vous demandez « C’est quelle heure ? » à un parisien, un breton, un bordelais ou encore un tourangeau, ses oreilles vont saigner…

Variante du francoprovençal, le parler lyonnais ou patois lyonnais a une phonologie assez particulière dont l’accent est encore perceptible par endroit. L’accent est remarquable sur la prononciation de la voyelle ‘o’ et de ‘eu’ avec une prononciation « fermée ». Par exemple, le mot « jeune » se prononce comme « jeûne » et pour dire le bassin, on entendra, le « baussin ». Ce n’est pas tout à fait un « o », mais ça s’en rapproche beaucoup. Bon, personnellement, je ne prononce pas ces lettres comme les lyonnais pure souche, d’ailleurs, on ne les entend à présent que chez les anciens ou plus de 50 ans quoi.

Autre exemple, dans les noms propres de lieux, les consonnes finales ne se prononcent pas en général, et parmi les villes voisines de Lyon, vous avez par exemple :
Limonest : Limonè
Chaponost : Chaponô
Beynost: Beynô
Brindas : Brindâ
Saint-Fons : Saint-Fon

De même, si vous descendez à l’arrêt de funiculaire de Saint-Just pour redescendre ensuite visiter le site gallo-romain, il faudra prononcer ‘Saint-Ju‘. C’est idiot, mais l’ayant toujours entendu prononcé ainsi, j’ai eu du mal à trouver la logique du fait que je prononçais bien les autres noms similaires en prononçant bien toutes les lettres. Comme quoi, ce qui est à Lyon, reste à Lyon !

L’argot dans la gastronomie lyonnaise

Un bouchon : restaurant typique lyonnais qui sert les spécialités de la région
Un mâchon : un copieux repas matinal, un brunch qu’on fait souvent le dimanche matin.
Les grattons : c’est de la graisse de porc rissolée en morceaux. Un délice !
La carotte rouge : la betterave. Voilà pourquoi il m’arrive encore de dire « carotte rouge ».
Une bugne : petits beignets délicieux découpés à la roulette dans une pâte sucrée. (Miam! J’en ai fait souvent avec ma grand-mère…).
Matefaim : crêpe lyonnaise copieuse.
Une tartifle : une pomme de terre (d’où la tartiflette…).
Le pot : à Lyon, on ne commande pas un pichet mais un pot. Ancienne mesure du vin en réalité.

Dictionnaire du terroir

Lugdunum : Premier nom de la ville de Lyon fondée en 43 avant Jésus-Christ par Munatius Plancus.
Une panosse : une serpillère.
Une gâche : une place, « une gâche de parking », « chercher une gâche », s’emploie aussi bien pour un poste de travail.
Un ganais : un idiot, un simple d’esprit, mais rien à voir avec l’handicap hein, ici il s’agit d’une insulte.
Un gone : désigne un enfant du pays ou du moins né à Lyon ou ses alentours. Donc, ne vous formalisez pas si l’on appelle gone un homme de 50 piges… D’ailleurs, les supporters de l’OL sont parfois qualifiés de BadGones. C’est stylé je trouve…
Une vogue : une fête foraine, la plus connue étant la vogue aux marrons de la Croix-Rousse.
Un belin / une beline : mot doux d’amour pour qualifier son / sa chéri(e). Rien à voir avec les gâteaux apéro Crakers belin…
Bugner : frapper (ne pas confondre avoir une bugne et manger une bugne!).
Chougner : pleurer pour rien. Mais, ce mot a traverser les frontières lyonnaises.
A chaille : Loin. Alors si quelqu’un vous dit qu’il habite à chaille, ce n’est pas un petit village paumé du coin…
Un canut : un tisseur de soie lyonnais.
Dérambouler : glisser sur une rampe pour descendre des escaliers. C’est Mary Poppins qui a lancé la mode…
Débarouler : dégringoler.
Une fenotte : une femme gentille, aimable (expression intime).
Poutrone : Femme de mauvaise vie.
Cotivet : La nuque.
Gandoise : Plaisanterie, raillerie.
Un gadin : tomber. « Se prendre un gadin », c’est juste se casser la figure.
Une traboule : passage piéton qui permet de se rendre d’une rue à une autre dans les quartiers historiques de Lyon.
Caisse d’équevilles ou les équevilles : C’est à Lyon la désignation de la poubelle parisienne, (du nom du prefet de la Seine de la fin du XIX siècle qui en instaura l’usage). « Descendre ou sortir les équevilles », je trouve ça bien plus élégant à dire que « sortir les poubelles ».

Le « parler jeun’s des gones lyonnais« 

Rodav’ : remarquer.
Chourav’ : voler. 
Poukav’ : dénoncer.
La biasse : le sac.
Un pélo : un mec.
Cher : beaucoup. « Y’avait cher du monde. » (Ma cousine le dit énormément…)
S’la racler : se la péter.
Être refait : être content, être bien. Allez viens.
Être fané : à l’inverse, être dégoutey.
Un trépané : un sot, un idiot.
Jacter : parler dans le dos de quelqu’un de manière très péjorative.
Rouiller : s’ennuyer.
La latche : la honte.

Voilà pour ce premier chapitre concernant les expressions spécifiques à Lyon et la région dauphinoise.
Le prochain chapitre sera sur l’origine historique des expressions françaises

de toute la France, hein rassurez-vous ! ^^

Sur ce, belle soirée à vous et à très vite !

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